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« Astreintes » ou le boulot d’infirmière au quotidien

« Astreintes » ou le boulot d’infirmière au quotidien

Publié le 19 janvier 2017 par - Crédit Photo : DR

Avec « Astreinte(s) », Anne Papas, cadre de santé, revient sur le métier d’infirmière qu’elle a exercé durant de nombreuses années. D’anecdotes amusantes en souvenirs touchants, elle évoque une profession exigeante mais passionnante.

Roster Con : Vous avez d’abord entrepris des études de commerce avant de vous tourner vers le métier d’infirmière. Quel a été le déclic ?
Anne Papas : A vrai dire j’ai suivi des études de commerce parce que mon entourage m’avait convaincue de le faire. Je me suis rendue compte que le genre de professions proposées dans ce secteur d’activités ne me convenait pas.

J’avais constaté par ailleurs que le métier d’infirmier, s’il est très apprécié du public, est mal connu.

Comment est venue l’idée d’écrire « Astreintes » ?
Après 8 ans d’exercice, juste avant de rentrer à l’école des cadres de santé (2008), j’ai réalisé que je n’allais plus exercer le métier d’infirmière, j’ai alors ressenti le besoin de relater mes souvenirs professionnels. Mon intention n’était pas d’écrire un livre, j’avais simplement envie de consigner les grands moments de mon parcours. J’ai écris une cinquantaine de pages en quelques jours, je me remémorais des évènements et des rencontres qui m’ont marqués. A la lecture de mes écrits, Alex, mon mari, m’a suggéré de continuer ce récit qui pourrait devenir un livre. C’est ce que j’ai fait en l’enrichissant d’anecdotes afin d’illustrer des valeurs soignantes, comme, par exemple, le respect de la pudeur ou de la dignité. J’avais constaté par ailleurs que le métier d’infirmier, s’il est très apprécié du public, est mal connu. Il existe très peu de témoignages infirmiers sur le sujet. Écrire un livre devenait un moyen d’expliquer la réalité de notre travail et les responsabilités qui sont les nôtres.

Je l’ai proposé en 2011 à plusieurs éditeurs qui n’ont pas retenu ma proposition. Je l’avais rangé dans le tiroir de mon bureau, contente malgré tout de l’avoir écrit. En 2016, j’ai réitéré ma démarche auprès de deux éditeurs qui ont répondu favorablement à mon projet. Le travail réalisé avec l’équipe des éditions Rue de l’Echiquier pendant l’année 2016 est une belle aventure humaine qui prend, en ce début 2017, la forme d’un livre.

Vous évoquez plusieurs patients qui vous ont marqué lorsque vous étiez infirmière à l’hôpital. En avez-vous revu certains ?
Les patients revenaient dire bonjour à l’équipe soignante à l’occasion d’un rendez-vous en consultation. Nous étions contents de les revoir en forme. D’autres étaient ré-hospitalisés parce que leur pathologie le nécessitait, cela relevait pour certains d’une prise en charge de fin de vie. En dehors du cadre professionnel, je n’ai revu aucun patient. Par contre, certains de mes très bons amis furent d’abord des collègues avec lesquels j’aime parler de tout et de rien, mais aussi de nos souvenirs professionnels et des patients qui nous ont marqués.

Les anecdotes à l’hôpital sont nombreuses dans votre ouvrage. Y a-t-il des choses qui vous ont également affectées lorsque vous étiez à l’IFSI ?
Dans mon récit, plusieurs histoires se passent pendant mes études. Le voyage en terre d’islam, la rencontre avec le petit Bienvenu ou encore la découverte des maisons de retraite et des soins palliatifs. J’ai bien d’autres histoires en tête, il m’a fallu faire des choix sur le papier.

Je crois pouvoir dire que, dans les périodes difficiles, ce qui prévalait c’était une cohésion d’équipe autour de la prise en charge des malades.

Vous parlez beaucoup de la relation soignant-soigné. Qu’en était-il de vos relations avec vos collègues / votre hiérarchie ?
Je garde de bons souvenirs de mes relations avec mes collègues infirmiers, les autres paramédicaux, les agents administratifs, les médecins et l’encadrement.
Les relations étaient bonnes dans l’ensemble même si, comme je le raconte, l’organisation des soins et de leur continuité n’est pas une mince affaire. Je crois pouvoir dire que, dans les périodes difficiles, ce qui prévalait c’était une cohésion d’équipe autour de la prise en charge des malades.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent se lancer dans cette profession ?
Je dirais qu’il faut avoir envie de l’embrasser. Les trois années d’études requièrent un travail sérieux et régulier. C’est une profession exigeante pour laquelle il faut un sens certain des responsabilités, des connaissances solides, de bonnes capacités d’observation et d’analyse. Le livre raconte les contraintes de ce métier, les relations intenses et profondes que l’on noue avec les autres (les patients comme les collègues). Pour toutes ces raisons, c’est de mon point de vue un métier singulier, un des plus beaux du monde.

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