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Une carte postale d’une femme sous emprise

Une carte postale d’une femme sous emprise

Publié le 31 mars 2018 par - Crédit Photo : DR

Avec « Une carte postale du bonheur » paru aux éditions Seramis, Cristina De Amorim signe son tout premier roman. Un ouvrage inspiré de sa propre histoire, où la plus belle des relations amoureuses se transforme en un véritable cauchemar. Entretien avec une auteure passionnée et passionnante.

C’est une romance dramatique, un témoignage, le combat d’une femme contre un pervers narcissique, un récit bouleversant qui a un nom : « Une carte postale du bonheur ». Ecrit par Cristina De Amorim, il raconte l’histoire d’une femme qui, à l’aube de son trentième anniversaire, décide de demander le divorce. Juliette se retrouve alors seule, avec son petit garçon de 5 ans. Mais la solitude ne va pas durer longtemps et très vite, la jeune femme tombe sur le séduisant Thomas. Beau, intelligent, romantique, il semble avoir tout pour lui. Et pourtant, au bout de quelques mois, Juliette se métamorphose en une femme soumise, dépendante et renfermée sur elle-même.

Roster Con : « Une carte postale du bonheur » est votre premier roman. Comment vous est venue l’idée d’écrire l’histoire de cette femme qui se retrouve sous l’emprise d’un pervers narcissique ?
Cristina De Amorim : Heureusement ou malheureusement, cela dépend dans quel sens on prend l’histoire, mon roman est inspiré d’une histoire vraie. Cette rencontre, je l’ai faite, ce bouleversement, je l’ai éprouvé, cette descente aux enfers, je l’ai sentie dans ses moindres secousses. Le fil conducteur de cette histoire, mon histoire, je le connaissais donc par cœur. Me restait à planter le décor, imaginer des personnages attachants qui puissent servir le récit, tenter de raconter la douleur avec humour, ce qui était pour moi indispensable. Sur mon blog, beaucoup de commentaires laissés par mes lecteurs soulignent cette façon drôle que j’aurai de raconter les choses, parfois d’évoquer des sujets graves. Je ne pouvais déroger à mon style. Ce livre, c’est aussi une certaine forme d’apprivoisement, finalement. Ces dernières années, j’avais lu un certain nombre d’articles et même d’ouvrages consacrés aux pervers narcissiques, c’était comme une sorte de phénomène de mode …tant que je ne voulais pas en entendre parler. J’ai dû effectuer un long cheminement avant d’accepter de me considérer la victime d’un individu souffrant de cette pathologie. Je n’aurai pas pu en parler si je n’avais pas pris du recul et une certaine hauteur. J’étais prête à en parler, passées toutes ces années. Reconstruction, rechute, colère, apaisement, espoir, puis à nouveau, le bonheur. Je suis pratiquement sortie de mon enveloppe corporelle pour coucher sur le papier ce chapitre de ma vie, désormais clos.

Dans votre ouvrage, votre héroïne côtoie des psychologues et des psychiatres, notamment pour comprendre son manque de confiance en elle. Avez-vous, pour écrire votre livre, réalisé des entretiens avec des médecins ?
Je n’ai pas eu à les côtoyer de nouveau car ce sont des souvenirs qui restent très ancrés en moi. Ces consultations, le travail que je décris, ces échanges et ces remises en questions orientées par ces professionnels de la psychanalyse, ont été bien réels.Ils demeurent très frais dans mon esprit car essentiels à la compréhension de ce qui m’est arrivé. Je prenais souvent des notes car il était pour moi important de mettre des mots sur tout, appeler les choses par leur nom, conserver une mémoire que je craignais de voir voler en éclat, comme tout le reste. Il m’est arrivé de penser que j’étais folle. En parallèle de ce travail, j’avais rencontré quelqu’un qui était en psychanalyse depuis plusieurs années – pour d’autres raisons – qui lisait énormément d’ouvrages sur le sujet. Lui aussi, avait besoin de comprendre. Nous échangions beaucoup et décortiquions les schémas, les comportements. J’ai beaucoup appris avec lui. J’ai été navrée d’apprendre, il y a peu de temps, qu’il n’était pas encore arrivé au bout de son parcours. Après tout, nous sommes tous différents. J’ai tout de même effectué quelques travaux de recherche pour être certaine que je ne retranscrivais pas d’aberrations.

Combien de temps avez-vous mis à écrire « Une carte postale du bonheur » ?
Si l’histoire et la construction trottaient dans ma tête depuis près de 4 ans, j’ai mis exactement 8 mois à l’écrire. Mon manuscrit faisait presque 550 pages quand je l’ai soumis à mon éditeur. C’est donc une version allégée qui a fini par sortir ! Je travaillais à temps plein et c’était donc sur mon temps libre que j’écrivais. Ce furent quelques mois très intenses ! Les nuits ont été courtes et je n’ai pas vu la couleur de beaucoup de week-ends, mais je ne pouvais plus m’arrêter, la machine était lancée. J’ai écrit partout : dans des cafés, dans le train, dans l’avion, à la plage, dans mon lit. Ma tablette ou mon ordinateur étaient glissés dans mon sac en permanence. S’en sont suivis deux mois de corrections, relectures et réécriture ou même suppression de certains passages. Je pense d’ailleurs que cela a été le travail le plus compliqué. Lire, relire, supprimer, traquer les fautes, hésiter entre cet adjectif ou un autre. A la fin, mes personnages me sortaient littéralement par les yeux et je vomissais presque l’histoire.

L’écriture, c’est une passion depuis toujours ?
Oui, bien sûr et je pense que c’est le cas pour beaucoup d’auteurs. On commence par le journal intime puis des carnets de bords, puis on invente ses propres histoires. Si vous demandez à mon entourage, je suis celle qui écrit des tartines, qui parle de trop, qui a besoin de développer une thèse alors qu’on pourrait résumer en 3 mots. Je prends plaisir à manier les mots. Lecture et écriture ont été intimement liées depuis toute petite. Si j’adorais écrire, j’étais également une lectrice compulsive (et je le suis toujours) et j’étais en adoration devant les auteurs qui me procuraient de si jolies sensations, qui me touchaient en plein cœur sans même les avoir rencontrés. Ce n’est pas donné à tout le monde. Je rêvais de faire comme eux, ces artisans des lettres, qui avaient la capacité de me faire rire, pleurer, chavirer, tomber amoureuse. Le manque de confiance en moi (encore une fois), bafouait cette envie de franchir un cap. L’ouverture de mon blog en 2014, m’a permis de légitimer cette prise de parole publique et de passer, 3 ans plus tard à ce projet un peu fou qu’était l’écriture de son premier roman.

Avez-vous dans les cartons un autre projet de roman ?
Plus que dans les cartons, les premières pages se sont dessinées sur Word il y a déjà quelques semaines. L’histoire est là, les personnages aussi, mon intrigue bien présente. Je pense être un peu plus méthodique dans l’écriture de ce second livre car j’ai appris énormément de choses que je ne maitrisais absolument pas, il faut le dire. Si des femmes en seront les héroïnes, il n’aura, cette fois-ci rien d’autobiographique. Ou presque rien. Ma plus grande source d’inspiration étant la vie, difficile de ne pas m’en inspirer pour mettre en scène les histoires qui se bousculent dans ma tête. Je prendrais le temps de l’écrire…le premier vient à peine de sortir…il faut peut-être que je débute ma promo un jour !

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