Ramona ou la femme qui illumine le désert

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Avec son premier roman graphique baptisé « Ramona » (éditions Vraoum), l’auteure Naïs Quin a pu réaliser son rêve : celui de raconter une histoire qui lui trottait depuis longtemps dans la tête. L’histoire embarque le lecteur en plein milieu du désert pour nous faire rencontre Paul, un adolescent timide, et Ramona, une beauté fatale mais mystérieuse. Rencontre avec une illustratrice qui a du mal à se séparer de son crayon.

Roster Con : Comment vous est venue l’histoire de Ramona ?
Naïs Quin : J’ai commencé à dessiner les décors et les personnages pour un exercice lorsque j’étais étudiante, en reprenant des compositions existantes. Ma passion pour la rouille, les grands espaces et les garçons maigrichons a naturellement parlé. Sur un des plans, celle qui allait devenir Ramona était les bras écartés sur une route et le futur Paul courait vers elle. L’histoire est partie de là.

Ramona est un roman graphique ; l’illustration prend davantage de place que l’écriture si on peut le dire. Vous sentez-vous plus à l’aise lorsque vous dessinez que lorsque vous scénarisez ?
Pour cette histoire j’ai choisi dans ma narration de plus passer par les expressions et les silences que par les dialogues. C’est sans doute parce que l’on suit l’histoire à travers les yeux de Paul, qui est quelqu’un qui parle peu mais qui ressent très fort ce qui se passe en lui et autour de lui. C’est certes proche de mon propre ressenti, mais je prends au moins autant à cœur l’écriture que le dessin pour ce qui est des projets entièrement personnels. Le dessin ne fait que servir l’histoire que j’ai en tête au final.

« Ramona » a vu le jour grâce à des dons. Comment se sont déroulées les démarches ?
J’ai réussi à récolter les fonds grâce à une campagne de financement participatif sur Ulule qui devait me permettre de pouvoir vivre pendant le temps de réalisation et d’auto-produire la BD pour mes contributeurs qui l’avaient précommandée. Après le début de la campagne j’ai été en contact avec les éditions Vraoum/Warum avec qui j’ai finalement pu éditer Ramona dans un circuit plus classique en librairies.

Peut-on dire que Loisel et Vives sont vos modèles en matière de bande dessinée ?
Pour être honnête, je ne connais le travail de Loisel que de très loin. Quant à Vivès, j’ai lu certaines de ses bandes dessinées, notamment Polina et le Goût du chlore qui m’ont beaucoup plu. Je considérerais personnellement que mes modèles dans le domaine, même si je ne cherche pas à m’inspirer volontairement d’autres bandes dessinées, sont plutôt Inio Asano (Bonne nuit Punpun étant sans conteste ma bande dessinée préférée, et m’a marquée en terme de ressenti et de narration), et Cyril Pedrosa (Pour Portugal et Trois Ombres, c’est ici en particulier son dessin que j’admire beaucoup). Cela étant dit, je pense être beaucoup plus influencée par le cinéma que par la bande dessinée pour ce qui est de la narration. Je regarde plus de films que je ne lis de BDs et la plupart de mes inspirations esthétiques viennent de là aussi.

Avez-vous définitivement laissé tomber le fanzinat ?
Je m’en éloigne, je préfère passer par les circuits éditoriaux si j’en ai l’opportunité, la diffusion est plus large et l’auto-édition demande énormément de travail de gestion dont je me passe volontiers. Cela dit, pour des plus petits projets j’ai encore un pied dedans, et nous allons sortir en fin de semaine un fanzine d’illustration sur le thème des cartes de tarot, Major Arcana, avec quatre autres amies illustratrices (Renartic, Julie Poinçot, Nahala et Céline Pottier).

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